Bercé depuis les années 70 par les mutations du monde, les progrès, sans doute, mais surtout les dérèglements.
Les images des années de plomb, le mur de Berlin, Tiananmen, Nelson Mandela, la rétrocession de Hong Kong, Mogadiscio… celles qui, sans mots, ne mentent pas, choquent souvent. Aldo Moro, Tempête du désert, le Kosovo, les famines…
Avant, Beyrouth, tous les jours. La ligne verte, les quartiers, les otages, Israël… Voir ces endroits qui ont fait l’histoire, insensée, où naissent incompréhensions, extrémismes, dont la grossièreté des explications posthumes est si grande qu’on finit par les oublier et en ignorer l’existence même.
Ce sont les grands qui m’ont transmis le virus de la photographie. Ceux dont j’ai collectionné les images et sillonné les expositions. Les mots peuvent expliquer, atténuer les ambiguïtés mais l'image laisse l’histoire s’écrire d’elle même. De Salgado aux noirs-blancs intemporels, à Nachtwey le «war reporter», une, plus que toutes, m’a donné envie de photographier pour la première fois : celle de la jeune afghane de McCurry. Tristesse, désespoir et beauté dans le même cliché.
Merci à tous ceux dont les photos m’ont fait rêver.
Enfin, il y a l'aventurier vénitien et ses protagonistes qui m'ont toujours accompagnés dans toutes les circonstances. Merci monsieur Hugo. Vous qui m'avez enseigné une autre définition de la beauté, la valeur de l'histoire, de la culture mais aussi l'impertinence.
"mon" est le premier projet que je désirais réaliser avec comme seul but celui d’emmener les curieux dans les pays que j'aime en oubliant tous les préjugés. Le poursuivre aussi longtemps que possible, partager une vision du monde et peut-être répondre à une question qui depuis toujours, irrésolue, trotte : Que se passe-t-il après la guerre, la haine, la folie, après que l'histoire ne force la porte des livres et qu'elle ne se farde de fictions au cinéma?
Les prochains projets, trop tôt pour en parler, raconteront l'histoire et les voyages des héros auxquels j'aimerais rendre hommage, qu'ils soient réels ou non, célèbres ou pas et qui m'accompagnent partout. Puis, sans doute, il y aura des noirs/blancs plus tard et des portraits, un jour…